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    Le mot du président

Vœux du 14 janvier 2016
Message de M. Philippe Dehays, Président.


Chers adhérents,
Chers invités,
Chers amis,

Au nom de notre Comité Directeur, je vous adresse un chaleureux merci d’avoir cette année encore répondu nombreux à l’invitation de l’Union Portuaire Rouennaise.
Vous savez que votre participation à cette manifestation, (alors que chacun est toujours très sollicité en ce mois de janvier) constitue un encouragement pour moi-même et l’équipe qui s’efforce d’animer notre Union Portuaire.
Faute d’avoir pu recevoir le Président Sénégalais , Macky SALL à Rouen, (en raison des évènements tragiques de Novembre dernier), j’ai souhaité associer ce soir l’Afrique à cette cérémonie des vœux, Rouen étant le premier port exportateur européen en groupage.
Je tiens particulièrement à saluer parmi nos invités, les représentants diplomatiques du Sénégal, du Gabon et de la Côte d’Ivoire, qui ont fait le déplacement depuis Paris pour vous rencontrer.
Tous ces pays dont le commerce et les échanges internationaux voient intervenir de longue date des professionnels de la place portuaire rouennaise.


2015… quelle année !

• Une situation internationale calamiteuse avec une instabilité politique et économique croissante, tout particulièrement en Afrique – terre d’excellence du savoir-faire rouennais –
• un cours du pétrole qui s’effondre – on sait l’importance de ce secteur dans l’activité industrielle et portuaire rouennaise –
• une parité euro-dollar que personne n’attendait – les termes des échanges en particulier pour les produits agroalimentaires, autre spécialité rouennaise, s’en trouvent déstabilisés
• même la météo s’en mêle, réchauffement climatique et COP 21 obligent, nous privant d’importation de sel !


2015… quelle année aussi au plan national !

• Avec des courbes qui s’inversent, mais on ne sait plus lesquelles ni dans quel sens,
• une reprise qui viendra un jour
• le trafic des granulats divisé par deux en 2015 témoigne en tout cas que le BTP n’a pas enregistré la reprise.
• On vous annonce 500 000 chômeurs de moins, formés grâce à un plan de formation d’un milliard… comme si 2 000 € (c’est la répartition du milliard entre 500 000 bénéficiaires) suffisaient pour transformer un chômeur de longue durée en travailleur !


2015… et tous nos maux qui demeurent et de nouveaux qui apparaissent.

• L’incroyable lenteur de l’administration portuaire pour faire réaliser une étude de compétitivité foncière comparée sur l’Axe Seine. Un an après une décision de faire, partagée entre l’UPR et le GPMR, nous sommes conviés le 25 janvier à une réunion de lancement de l’étude…
• La lenteur est parfois de l’incroyable inertie quand plusieurs années après avoir dénoncé l’absurdité d’imposer un T1 pour un parcours fluvial ou routier entre Rouen et Le Havre, voire entre deux terminaux rouennais tels le TCMD et Radicatel – alors que le même T1 n’est pas requis pour aller de Bordeaux, Nantes ou Dunkerque au Havre, plusieurs années après donc rien ne change.
• Incroyable aussi, alors que fleurissent partout les panneaux « même pas peur », le refus des services de l’Etat de permettre l’armement à trois pour les nouveaux remorqueurs intervenant sur le port de Rouen. Le même Etat français autorise ces mêmes remorqueurs à être armés à trois quand ils travaillent à Rotterdam… Même pas peur… sauf de la CGT !
• Incroyable encore le non-droit qui perdure sur le port avec les stationnements incessants de gens du voyage, avec les incivilités et l’insécurité que cela suppose. Ils consomment eau et électricité gratuitement au vu et au su des autorités, en toute illégalité.

Il faut rappeler que lorsque la communauté portuaire avait consenti l’installation d’une aire de stationnement rue Turquier de Longchamp, le Préfet d’alors s’était engagé à mettre fin, en compensation, à tout campement sauvage. La promesse nous a rendus joyeux !
Par contre chaque jour les forces de l’ordre sont bien au rendez-vous pour veiller au respect de la limitation à 50 km/h sur le boulevard Maritime et verbaliser à qui mieux mieux…
• Incroyable toujours le décalage entre l’amour déclaré pour les activités portuaires par les autorités publiques et la réalité quotidienne des opérateurs économiques, confrontés à l’application des textes par les services de l’Etat ;
o qu’il s’agisse de la taxe foncière à laquelle sont désormais assujettis les terrains portuaires,
o des contraintes à l’export de bois en grumes,
o de l’assimilation des produits d’occasion exportés à des déchets ;
o demain peut-être de l’application qui sera faite du texte attendu relatif à l’obligation de peser tout conteneur avant embarquement au 1er juillet 2016 ?...
• Incroyable enfin la loi dite de modernisation portuaire, la loi dite loi Bonny, adoptée avec le soutien de la Fédération des Ports et Docks CGT mais aussi de l’Union Nationale des Industries de la Manutention.
Rendons-nous compte :
- l’intérim interdit dans la manutention portuaire …
- la réouverture des débats sur la définition des emplois requérant impérativement de la main-d’œuvre docker (cela nous rajeunit et nous ramène au millénaire précédent, avant 1992 !)
- enfin, c’est le plus beau, le plus incroyable : l’obligation faite à tout investisseur s’implantant sur le port en bénéficiant d’un bord à quai de présenter son organisation de manutention envisagée, devant un aéropage comprenant la Fédération des Ports et Docks CGT.
Fermez le ban, fermez la porte, s’il vous plait, les investisseurs se bousculent pour s’implanter sur les ports français…

Et chacun goguenard de voir les rouennais, seuls opposants déclarés à ce texte calamiteux, se débattre face au rouleau compresseur de l’absurdité et de la veulerie, piloté par le manque de courage.

Voilà pour 2015 !

Nous avons pourtant opéré 2 671 navires, à la taille moyenne croissante, 9 620 973 t de vracs liquides, 11 240 276 t de vracs solides et 1 661 548 t de marchandises diverses, soit une progression de + 4 % par rapport à 2014.
Soyez rassurés ! malgré le constat de cette année noire, je ne vais pas vous inviter à participer à une marche blanche pour souhaiter que cela ne se reproduise plus.
Pas même à une marche grise, ni même à une marche plurielle, ce n’est pas le genre de la maison.
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Je vais plutôt évoquer ce qui à l’inverse constitue des raisons d’espérer, impose que nous restions mobilisés et continuions à retrousser nos manches, plutôt que de nous plaindre et commémorer :
 D’abord, 1er atout, nous avons de l’eau ! (du champagne aussi mais c’est pour tout à l’heure), nous avons de l’eau, de plus en plus d’eau !
A l’Assemblée Générale de Sénalia vendredi dernier, nous était indiqué 2018 pour la mise à disposition des 11m30 à la descente. Prenons date.
Nous l’avions fait aussi pour la zone d’évitage à Hautot.
Bien sûr il y a du retard, n’y revenons pas et ne boudons pas notre satisfaction.
Merci M. Gabet de votre investissement à ce sujet et de votre communication didactique et transparente auprès des acteurs portuaires rouennais.
2015 a démontré aux Cassandre que les bateaux de plus de 200m pouvaient prendre des habitudes à Rouen. Plusieurs entreprises adaptent leurs installations pour tirer le meilleur profit de ces tirants d’eau améliorés.
Un port c’est certes la rencontre des marchandises et des navires, c’est surtout le point de jonction de la terre et de l’eau. Nous progressons donc en la matière.
C’est bon pour l’avenir.
 Ensuite second atout, j’en donnais un exemple à l’instant à propos de souilles, quais et équipements des appontements privés ; à l’instar de Technip, de Rubis Terminal, de Sénalia, de Soufflet, les entreprises privées investissent.
• Aussi par exemple Beuzelin qui vient consolider l’offre et la capacité céréalière rouennaises,
• Surveyfert déjà présente à Honfleur et Rouen amont qui s’implante au QPC,
• l’armement Thomas pour les moyens de remorquage,
• Exxon,…la liste n’est pas exhaustive.
L’investissement privé, responsable, est souvent le meilleur garant d’une activité à venir.
La caution du secteur public voire son implication financière – à l’inverse – ne sont pas toujours gages de bien fondé d’un investissement, notamment dans le secteur portuaire. Nous en avons non loin un exemple patent, pour ne pas dire épatant, dans un port peu éloigné.
 Autre atout, l’écoute attentive et constructive que certains responsables veulent bien nous accorder lorsque nous les alertons , par exemple :
 Madame la Ministre, Valérie FOURNEYRON, vice-présidente du Conseil de Surveillance du GPMR, que je remercie pour sa disponibilité et son implication sur certains sujets lorsque je l’interroge.
 M. Berg, directeur de la Dreal, que nous avons sollicité à propos de l’assimilation systématique et abusive qui était faite par les Pouvoirs Publics entre les exportations de matériels d’occasion et les exportations de déchets ; ces dernières étant interdites par une convention internationale signée par la France (pas par les États-Unis, plus réalistes, pragmatiques ou cyniques, mais c’est une autre histoire…). M. Berg, par son implication personnelle, a su réunir et faire coopérer sur le sujet toutes les parties concernées, dont l’Administration des Douanes en la personne de Mme Cabaud. Nous avons à l’UPR la conviction que la charte à laquelle nous avons abouti, et les travaux qui l’ont précédé, ont contribué à la prise de conscience, d’une part des enjeux par les services de l’Etat concernés, d’autre part de l’importance de satisfaire un certain nombre d’exigences formulées, par les chargeurs et commissionnaires de transport. Espérons que cette charte sera bien assimilée et prise en compte à tous les niveaux des hiérarchies, tant dans les administrations que dans les entreprises.
 C’est aussi un atout que de pouvoir, comme nous le faisons depuis environ deux ans à présent, bénéficier efficacement des services de la Direction Commerciale d’Hervé Cornède qui, il faut le rappeler, en plus des initiatives qu’elle prend et auxquelles elle nous associe (ainsi du Breakbulk à Anvers, de certaines démarches auprès d’armateurs ou d’organisations de mission de promotion dans l’hinterland ou à l’étranger), est à la disposition de chaque profession, de chaque entreprise pour l’aider à l’instruire, mettre en œuvre ou promouvoir tout projet de démarrage, de consolidation ou de développement d’activités sur notre place portuaire et plus généralement sur l’Axe Seine.
Ne soyons pas frileux mais confiants et sollicitons leur savoir-faire, leurs moyens et leur envie incontestable de démontrer leur efficacité.
 C’est encore encourageant de constater que notre Union parvient mieux depuis quelques mois à échanger et travailler avec son homologue havraise l’UMEP et ses composantes.
Bien sûr nos deux places portuaires ont en commun AP+, qui peu à peu devient S)one ; (ceci sans que nous ayons jugé utile de créer une structure ad hoc)…mais nos relations jusqu’alors, pour cordiales qu’elles aient pu être, s’inscrivaient beaucoup dans les principes du « chacun chez soi », « chacun pour soi ».
Symboliquement cette année, nous avons fait une carte de vœux commune : vous allez la recevoir cette semaine.
J’en profite pour remercier et saluer mon homologue havrais, Michel SEGAIN, présent dans la salle ce soir.

De façon plus concrète, nous avons ensemble conçu et mis en œuvre, avec succès, un argumentaire et une demande auprès des Pouvoirs Publics, en l’occurrence le Ministère de l’Agriculture, pour dénoncer des mesures mises en place en France et condamnant de fait les exportations de bois en grumes.
Le succès, qui reste à confirmer de la démarche, ne peut qu’encourager nos deux Unions à travailler de nouveau ensemble.

Henry Ford disait « se réunir est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble est la réussite » !...
 Enfin, et cela a toujours constitué notre atout maître, notre communauté portuaire est soudée, chaque profession sachant concilier ses exigences avec l’intérêt général.
Au service de cette cohésion et de l’action d’intérêt général, notre Union a toujours jusqu’à présent eu la chance – est-ce seulement de la chance ? – de trouver des responsables d’entreprise qui acceptent de s’impliquer et par conséquent – disons le à leur crédit – d’augmenter leur charge de travail ; ceci pour le bien commun.
Dans d’autres ports c’est par défaut que les postes sont pourvus.

A Rouen c’est par passion pour le port de Rouen et c’est avec enthousiasme, c’est notre force.
Un grand merci à ceux parmi vous qui se reconnaissent et vous êtes nombreux.
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Avant de terminer ce discours, je remercie toute l’équipe de l’Union Portuaire, sous la direction de Pierre-Marie HEBERT pour leur travail et leur dévouement au quotidien.
Le temps de conclure est arrivé ; j’indiquais tout à l’heure qu’en plus de l’eau nous avons du champagne.
Vous vous languissez…

Tous nos vœux à tous ! puisse 2016 répondre à toutes vos attentes et vous apporter en plus de la santé, un plein épanouissement dans l’exercice de votre profession.

Bonne année 2016 à chacun, à chaque entreprise et à la communauté portuaire rouennaise !

Passez une excellente soirée au « 66 » qui est votre bien commun.

Philippe DEHAYS

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